Pêches verticales plus lourdes pour postes hauturiers

peche_hauturiereUne dernière solution se présente pour échapper aux aller-retours incessants sur l'eau : les pêches hauturières. En pleine saison, si vous disposez d'une embarcation homologuée en 4ème catégorie ou au-delà et que vous disposez du droit de navigation aux postes très éloignés de la côte, pourquoi ne pas vous évader vers des zones de pêche au large.

Le droit de navigation au-delà de six miles d'un abris s'obtient de deux manières : soit par l'obtention d'un pavillon Belge, en payant tout simplement, soit en passant le permis hauturier, bien plus enrichissant à mon goût...

Ce dernier permis permet de connaître des informations très intéressantes telles que  les symboles de cartographie, les placements cartographiques et les calculs de route. C'est une très bonne base pour savoir lire une carte et détecter des postes hauturiers. Rien ne vous empêche de cumuler permis hauturier et pavillon belge. Ce dernier vous donne le droit de naviguer avec un équipement restreint et vous autorise notamment à naviguer sans le radeau de survie, si lourd et si encombrant dans un gros pneumatique par exemple.

Avec une coque rigide en 4ème catégorie, je conseille le radeau de survie quoi qu'il arrive. Un dernier élément important pour le choix d'une embarcation pneumatique, certains semi-rigide sont homologués insubmersibles, ce qui autorise même sans pavillon belge à naviguer sans radeau de survie sur les postes éloignés.

 

Chercher les reliefs

encadre11_01Les postes lointains se localisent facilement. Au large sur des zones où les profondeurs sont constantes, le moindre changement de relief peut être susceptible de rassembler des bancs de poissons. Une tête de roche, une épave, un riden, une fosse, un plaque rocheuse, une faille rocheuse sur une plaque, une forte pente, une obstruction quelconque peuvent être des zones de rassemblements importants de poissons. Les postes les plus précis sont les têtes de roche représentées par une étoile sur les cartes et les épaves représentées par des symboles ronds ou ovales divers en fonction de la taille de l'épave. Les lignes de fond serrées sur des plateaux rocheux indiquent des pentes rocheuses qui sont parfois aussi des zones de rassemblements de carnassiers...

Du matériel puisssant

canne_forteIci une canne 210 à 240 cm d'un grammage de 80/150 à 100/300g sera nécessaire. Nous utiliserons des jigs conséquents pour pouvoir atteindre des profondeurs de 15 à 50, voire 60m dans les courants du large, qui dépendent beaucoup des régions et détroits. Une tresse de 19 à 25% sera nécessaire, liée à un flurocarbone de 40 à 60/100 de 3 mètres en bas de ligne. Une agraphe robuste de type Illex, Decoy ou Rapala Loop permettra de changer rapidement de jig. Le matériel peut sembler surdimensionné mais au large les profondeurs sont importantes et les courants peuvent faire envoler des cuillers insuffisamment lestées. Ces profondeurs qui peuvent surprendre de prime abord, étaient difficilement exploitables au leurre auparavant. Seule une poignée de pêcheurs avisés prospectaient ces spots abritant en général des prédateurs spécimen, soit en dandine à la main ultra lourde (très physique et nécessitant un tact hors pair), soit en traîne avec des plombs de plusieurs kg, puis à la canne sur des nylons de 50 ou 60/100 avec des cuillers lourdes de 200 à 500g.

L'apparition des multifilaments ou tresses a permis de repousser ces profondeurs pour les pêches verticales. Les gros nylons qui bridaient les leurres plombés et qui étaient contraignants en raison d'une élasticité importante, ne permettaient guère de sentir les moindres déplacements de bannière d'un poisson. En tresse le pêcheur est en direct au fond et ressent les moindres accrocs, algues ou micro touches ratées.

Des tresses techniques

Morue de 3kgChoisir la bonne tresse est un élément à ne surtout pas négliger, de nos jours nous disposons sur le marché d'un panel de marques divers tant dans les diamètres, les textures (dyneema, spectra ou autre textiles high tech souvent issus de la voilerie de compétition), et les coloris (rose, jaune, vert, marron, noir.... et même changeant de couleurs tous les 10 ou 15m). Pour ma part je reste partisan d'un coloris discret comme le vert ou le noir. Mes préférences la Whiplash de Berkley en vert dans les diamètres en 10 (pêches côtières ou relativement « légères ») et 17% (pêches hauturières), la Powerpro en 15 et en 23% et la Rapala.

Dans les modèles récents, les tresses spécialement étudiées pour le jigging sont marquées tous les dix mètres pour permettre au pêcheur de savoir à quelle profondeur il a prix son poisson. Cela peut être très intéressant lorsque le poisson prend à mi-profondeur (comme le lieu) ou à trois-quarts au fond (bars en chasse). Zenaq propose une tresse marquée simplement par des traits, Daiwa propose une tresse qui change intégralement de couleur tous les dix mètres. Varivas, YGK et d'autres marques proposent des produits similaires.

Il faut que le leurre descente à la verticale. Si le courant est trop fort par rapport au poids de la cuiller, l'angle du fil sera trop important. Le pêcheur n'aura alors aucune sensation par rapport au fond et risquera de rater de nombreuses touches à la descente à cause du mou dans sa bannière de tresse.

Stratégies de placement en bateau

Placement du bateauVous êtes équipés ! Mais comment pratiquer ... Nous voici dans une partie qui je le crains, requiert une partie pratique indispensable. Le placement du bateau sera la plus grande partie du travail. Un placement de quelques mètres trop loin changera tout ! Il va falloir pratiquer les passes, expliquées précédemment dans la partie pêches verticales légères de l'article. Pour placer idéalement le bateau, il faut se servir du GPS avec un mode traceur et du compas. Le meilleur moment est le début et la fin de courant, qu'il soit montant ou descendant. Lorsque le courant s'installe ou se termine, soyez très attentif, les plus gros carnassiers seront mordeurs.

La première passe sera en général assez arbitraire. En mode traceur sur le GPS, cette passe va servir d'indicateur précis du sens de la dérive, en fonction des facteurs vent et courant (le vent n'entrant quasiment plus en compte lors de courants très puissants de force 3 ou 4 nœuds). Une fois la première dérive (ou passe) effectuée, vous savez dans quelle direction vous dérivez. Vous pouvez donc vous placer en amont de la tête de roche, de l'épave ou autre obstruction pour faire en sorte que la prochaine dérive vous permette de passer au raz de l'obstacle. L'orientation de votre embarcation lors de la dérive aura un impact non négligeable sur la direction que le bateau va prendre (visible sur le GPS).

DériveJ'oriente toujours le bateau à 90° par rapport au sens du vent pour éviter les rotations du bateau en dérive. Ayant donc deux choix de sens, je l'oriente au mieux en m'arrangeant pour que mes amis pêchent le moins possible sous le bateau. Ceci est très important si vous avez une timonerie, qui a une prise au vent importante. Avec un vent de dos à la timonerie, la dérive sera complètement déviée (effet « voile » au vent). Si vous vous arrêtez cap au vent, le bateau se positionnera à 90° au vent tout seul, mais vous devrez attendre d'être bien positionné pour pouvoir mettre les jigs à l'eau sans risquer de vous emmêler, c'est pourquoi un positionnement direct de travers permet une pêche plus efficace. Ceci est valable pour une embarcation assez lourde ou possédant un V profond, ce qui est en général le cas des embarcations homologuées en catégorie C ou au-delà. Il est important, si vous dérivez dans le sens sud-nord par exemple, de passer à l'est puis à l'ouest de l'obstruction pour déceler la présence des plus gros carnassiers.

Parfois dans les courant il ne faut pas hésiter à dériver de près de 80 ou 100 mètres derrière l'obstruction, car les poissons peuvent se balader assez loin en attente des proies qui se détachent de l'obstacle (vifs, céphalopodes, mollusques bivalves, décapodes de toute descendance...).

La panoplie des jigs modernes est vaste

Jig Hameçon Dedoy SergentEffilés, plus trapus, ondulés, avec assist hoot, triples hameçons... comment faire ?

Parlons d'abord des coloris. Si les sardines sont présentes, les coloris imitatifs bleu avec reflets holographe seront idéaux. Autrement en règle générale, les coloris roses avec reflets sont redoutables ! Avec un ou deux leurres souples blancs en potence, le montage ne laissera pas les bars indiscrets. Pour les lieux jaunes, je préfère les coloris à base de jaune, orangé et rouge. Pour les cabillauds, sans conteste, deux teintes très différentes, comme un noir et jaune ou un noir et rouge, zébré ou en deux couleurs occupant toute une partie haute ou basse du jig.

Sur les postes encombrés, il vaut mieux enlever les hameçons triples des cuillers et ne pas en ajouter sur les jigs métalliques. A l'extrémité d'un jig, je place un hameçon simple surdimensionné ultra piquant. Decoy propose des hameçons 1/0 à 8/0 spécifiques qui conviendront très bien en 3/0 à 5/0 pour les gros bars, lieux jaunes voire morues même l'été sur les postes très profonds. Ces hameçons, les Jigging Single, sont tout simplement redoutables. Ils m'ont permis la prise d'une morue de 10,5Kg ce printemps et je ne prends aucun risque en vous conseillant de les tester... Pour les lieux et morues, je place un morceau de caoutchouc de couleur (jaune, vert, rouge vif) sur la hampe de l'hameçon. Pour le bar je laisse l'hameçon nu. Pour les hameçons complémentaires, nommés assist-hook, il faut choisir une taille, hameçon et tresse dacron, d'un quart à un tiers de la taille du leurre. Certains assist sont munis de feuilles holographiques et brills qui ajoutent de l'attrait et ciblent un peu plus l'attaque.

Maigre au jigIl y a deux façons de fixer un jig. Soit vous placer la partie lourde du jig vers le bas pour qu'il fuse à la descente et qu'il reste toujours dans ce sens ; dans ce cas je place un assist-hook en haut. Soit vous placez la partie lourde sur l'émerillon à agraphe. Dans ce dernier cas, le jig descend en fusant, et lorsque vous exercez une traction, il change de sens, partie lourde vers le haut, et ainsi de suite. Cette méthode change radicalement la nage du jig et peut faire la différence, par contre l'assist-hook gênera cette nage et cet hameçon surdensitaire se prendra sur le bas de ligne. Une fois le bateau placé plusieurs dizaines de mètres avant l'obstruction, descendez votre jig pour être au fond au moment où le bateau dérivera au dessus du lieu de pêche. Les maniements de rapprochent de la dandine. Plus ou moins ample, irréguliers, ceux-ci en seront d'autant plus efficaces. Comme pour les jigs légers, il faut surtout contrôler la descente du leurre. La descente est parfois si efficace que je descend au fond, remonte de 10 mètre et laisse de nouveau descendre et ainsi de suite. Les solutions de maniements sont multiples. L'essentiel est vraiment de placer le bateau avec précision ; sans être spécialement lapidaire, c'est logique, vous avez des coordonnées GPS, vous souhaitez vous placer sur ce point précis.

Utilisation du sondeur

Rassemblement de poissons sur le sondeur LowrancePour vous faire une idée de l'activité avant même de pêcher, le sondeur sera indispensable. Une détection éparse au raz du fond signalera quelques poissons autour du poste. Une détection de plusieurs mètres de haut indiquera un banc de carnassiers. Plus cette apparence sur le sondeur sera unie, plus la concentration de poisson sera importante. En général une matière rigide (cailloux, tôle d'épave...) est représentée par une couleur unie, rouge le plus souvent sur les sondeur couleur et noir pour les appareils noir et blanc. Parfois la concentration de poisson est si importante sur une petite superficie que l'apparence de poisson est une boule dense de couleur rouge ou noir. Si la concentration de poisson est plus éparpillée, on aperçoit un ensemble de tâches éparses dont les formes dépendent de votre configuration et de la marque de l'appareil (un arc, des formes de poissons, des pixels, des nuances de couleurs du bleu au rouge et tout autre possibilité). Au large le courant montant s'établit environ 1h30 avant la marée haute et s'arrête 3h après la haute mer.

La première passe réserve souvent des surprises. C'est là que vous pouvez toucher un beau poisson, puis plus rien ! Dans ce cas, il peut être bon de partir sur un autre poste et de repasser plus tard sur ce premier.
Le lever du jour couplé avec le début de courant et le coucher de soleil couplé avec la fin du courant sont des moments stratégiques. Car vous pouvez faire le début de courant de profiter de l'aube et des premiers rayons de soleil pour faire tout le montant, et dans l'autre cas faire le début de courant en soirée et la fin de courant avec la tombée de nuit. En été, c'est un facteur supplémentaire pour éviter les foules, même si au large en général nous ne sommes pas bien nombreux.

Matériel pour la partie hauturière

- matériel résistant,
- tresse 15 à 19°°, nylon ou fluoro de 3m en 40 à 60°°,
- bien rentrer les points GPS avant de pêcher, plusieurs points sur une même obstruction, la quadriller en prenant les points de ses extrémités,
- prendre son temps pour bien placer le bateau,
- le début et la fin de courant sont les meilleurs moments,
- pêcher au raz du fond, essayer plusieurs coloris,
- brider le poisson au début pour le dégager des débris, puis apprécier jusqu'à la mise à l'épuisette.

 
 
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Code Vagnon 2010 : LA PECHE AUX LEURRES