Plan du dossier :

Introduction
Matériels et fournitures
Les bois
>Les différentes parties du leurres
Densité, équilibre et sonorités du leurre
Exemple de réalisation étape par étape
Une autre méthode : le tournage
La décoration
Conclusion

Le corps

Une façon de procéder pour la taille du corps consiste à utiliser des lamelles ou planchettes collées les unes aux autres, trois ou quatre le nombre de planchettes permet une symétrie parfaite dans le corps et un découpage aisé du centre…

Le procédé « multi-lamelle » representé dans la figure n°1 ci dessous et détaillé en exemple en fin de dossier, nécessite trois planchettes minimum collées ensembles, les épaisseurs utilisées sont de 5mm à 10mm (ceci est fonction de la taille du leurre et du mécanisme à intégrer : Diamètre des billes, tubes verres et crayon plastique…).

Pourquoi trois planchettes minimum ?

On intègre le mécanisme dans la partie plus sombre (vert foncé ).. C’est cette partie sombre que l’on peut creuser aisément et qui va donc accueillir un mécanisme de notre propre conception. L’épaisseur de cette plaque centrale sera fonction de la taille du mécanisme à intégrer : diamètre des billes, tubes en verres (Rattles glasses)… Comme cette planche est centrale justement, c’est un bon moyen pour avoir un équilibre parfait car de ce fait le lest sera forcément placé au milieu…Le procédé à quatre planchettes a un avantage par rapport à celle à trois : l’armature, est au centre et on a donc un équilibre parfait, tout est centralisé, deux planchettes dures (Samba) et deux planchettes tendres (Balsa) peuvent être utilisées.

Les attaches

Ce que l’on demandera à une attache, c’est bien entendu une sécurité maximale, les risques d’une attache arrachée sont évidemment à bannir : Imaginez-vous en effet le poisson de votre vie au bout de la canne pendant trente secondes et puis plus rien parce que l’attache a lâché…

Concernant les attaches et la méthode présentée ci-dessous : « Méthode de l’attache emprisonnée » , différentes fournitures peuvent être utilisées : de la corde à piano, du fil acier inox ou encore du fil d’acier galvanisé. Chacun choisira en fonction de ses préférences et par expérience. Dans un premier temps facilitez-vous le travail en choisissant un fil d’acier galvanisé pour attaches de grillage extérieur il est relativement plus souple et évitera d’abîmer le corps de votre leurre lors des premiers essais de pliage intérieur (voir la méthode de l’attache emprisonnée). Le tableau ci-contre présente les caractéristiques de ces différents matériaux.

Méthode de l’attache emprisonnée

Les photos qui illustrent les commentaires montrent l’utilisation d’un fil acier galvanisé.

1ère étape : Réalisation de l’attache


  
  
1) Tout d’abord un clou de diamètre judicieusement choisi enfoncé dans un morceau de bois vous servira de guide et vous facilitera grandement la vie.

2) Placer le fil autour du clou et plier le fil.

  
  

3) Au moyen d’une pince serrer et rapprocher les deux portions de fil.  

4) Enfin, couper à la taille souhaitée.

2ème étape : Fixation de l’attache

  
  

1 et 2) Au moyen d’un morceau de corde a piano (très rigide) : percer précisément le conduit qui va accueillir votre attache. 

1 et 2) Glisser alors votre attache dans ce conduit, placer une petite cale de bois de part et d’autre de la paroi du corps afin de bloquer celle-ci. 

    
    
3) Plier les extrémités comme indiqué sur la photo. 4) Placer une coque de moulage en plastique (capuchon de feutre pas exemple) qui n’adhèrera pas a la résine et coller cette coque à la colle cyanoacrylate. 
  
  

5) Couler la résine, laisser sécher et prendre en masse. 

6) Retirer la coque plastique. 

  

7) La résine utilisée sur la photo est un mélange deux composants résine polyester de stratification + catalyseur dosé à 3%. D’autres types de résines peuvent être certainement être utilisées.

Un test réalisé avec un poids mort de 12 kg en balancier pendant deux heures n’a montré aucune défaillance de l’attache. Par contre ne réalisez cette méthode qu’avec une portion centrale en samba, le balsa est trop fragile.

Méthode d’un seul tenant

Une autre méthode peut être utilisée afin de rassurer ceux qui resteraient sceptiques quant à la solidité de la première méthode, c’est l’utilisation de la corde à piano de façon à réaliser une attache d’un seul tenant : l’avantage de ce procédé sera qu’il n’y aura aucune traction sur le bois et donc si vous perdez le poisson ce ne sera pas du à l’attache en tout cas. Autre avantage du procédé : c’est la présence de ce fait d’une sorte de rail sur lequel on peut enfiler des perles de plastique, de verre ou de métal (transfert de masse).

Remarquez sur le schéma ci-dessous que l’armement n’est pas complètement en position horizontale.

Quelques avantages de la méthode

Avec un armement en corde à piano d’un seul tenant, le poids de l’acier réparti sur toute la longueur, le poids de la boucle ventrale + hameçons suffisent à équilibrer le leurre.

Des sleeves (en rouge sur le schéma) peuvent être utilisés afin de renforcer le montage.


Le sleeve de l’attache ventrale évite en autre que cette attache ne s’ouvre sur les coups de tête d’un gros bar.

Le transfert de masse


Une des qualités primordiales que l’on accorde souvent à un leurre est son aptitude à être lancé loin. Si la charge servant à équilibrer reste dans la partie centrale ou avant du leurre (ce qui permet un bon équilibrage du leurre : voir partie équilibrage plus loin), il y a de forte chance que le leurre « pirouette » en l’air et fende très mal l’air. Ce qu’il faut dans ce cas et la plupart des leurres modernes utilisent cette faculté, c’est de favoriser l’effet flèche du leurre en déplaçant le centre de gravité. Ainsi des billes placées dans un couloir vont permettre de gagner la place optimale pour le lancer et de regagner la place initiale lors du ramener. Le fait d’utiliser la méthode d’un seul tenant permet d’enfiler des billes sur une sorte de rail qui va jouer le rôle des gouttières au sein des leurres modernes. Pensez à visiter le lien http://www.bidoz.com, il y a des perles tungstènes pour mouches à des prix très intéressants, ce sont des billes pour mouches.

La bavette

La bavette pour les leurres qui en disposent, est le poste de pilotage du leurre : c’est dans celle-ci que résideront les propriétés de nages : les fonctions de celle-ci sont au nombre de deux majeures :
  • 1. Faire plonger le leurre
  • 2. Godillage de la queue

Cependant, il serait bien illusoire de déterminer de façon simple, l'action précise d’une bavette tant les facteurs secondaires ayant une action réelle sur la nage du leurre sont nombreux :

  • Forme et taille du leurre
  • Poids du leurre
  • Position centre de gravité
  • Répartition des masses
  • Action du pêcheur sur le leurre
  • Energie cinétique
  • Forces de frottement
  • etc.

Ainsi afin de simplifier le modèle, on conviendra que la nage et la spécificité du leurre résident plutôt dans le triptyque :

  • Densité du leurre
  • Equilibre du leurre
  • Caractéristiques de la bavette

Quelques principes simples semblent alors permettre une approche suffisante afin de réaliser ce que l’on souhaite. Mais n’oubliez pas qu’il reste dans tout cela une part importante de Feeling. Voici dans ce qui suit une explication reposant sur quelques principes majeurs.

1er Principe : l’inclinaison de la bavette

Les bavettes ont une inclinaison par rapport à l’axe du leurre défini par l’angle a figuré sur le schéma ci-contre. Cet angle a une importance capitale pour la profondeur atteinte par le leurre.

Si on considère un leurre peu plongeant (type « Flashminnow »), un leurre un peu plus plongeant (type « B-Freeze ») ou encore plus plongeant (type « Staysee ») on peut dire que c’est vraiment la bavette qui fait que le leurre atteint une certaine profondeur (il suffit de regarder le tableau sur les densités pour s’en convaincre : elles sont identiques entre le B-Freeze et le Flashminnow).

Sur le schéma ci-contre on peut voir les trois bavettes :

A : Bavette type “Flashminnow”
B : Bavette type “B-Freeze”
C : Bavette type “Staysee »

La flèche noire représente votre fil, les flèches bleues représentent la force de l’eau sur la bavette lors de la traction.
La flèche rouge représente une force résultante de la force de l’eau sur la bavette appliquée au leurre tout entier : remarquez ainsi qu’il est évident qu’avec une bavette de type C votre leurre descendra plus vite et plus profond qu’avec une bavette de type A ou B.
C’est cette force résultante perpendiculaire au plan de la bavette qui fait plonger le leurre. 

Remarquez que sur ce même, des bavettes de surface croissantes de A vers C et pour autant une intensité de force de la force résultante est la même sur le dessin : voir le 2ème principe pour l’explication.

Pourquoi le leurre se stabilise t-il ensuite à une profondeur ? Lorsque le leurre descend en profondeur l’angle entre le fil et l’axe du leurre s’ouvre et dans ces conditions la bavette atteint sa limite de résistance de maintien du leurre par rapport à la traction exercée par le pécheur : à chaque bavette une caractéristique particulière de résistance.

2ème Principe : La surface de la bavette

La surface de la bavette est aussi un élément important, d’ailleurs remarquez entre la bavette de type A et de type C des différences notoires (celles de type C ont toujours une surface plus importante). Cela s’explique car lorsque l’angle entre l’axe de la bavette et l’axe de traction diminue, la force résultante de la force de l’eau sur la bavette appliquée au leurre tout entier diminue aussi. Ainsi pour pallier à cette diminution, on augmente la surface de la bavette. Le schéma ci-contre matérialise cette diminution pour des bavettes de surfaces égales mais d’angles différents. 

3ème Principe : La largeur de la bavette

Sur ce schéma, remarquez tout d’abord le point noir représentant le centre de gravité du leurre, il matérialise le centre de gravité du leurre. Ce centre de gravité va faire office d’un axe sur lequel le leurre peut pivoter. Ainsi la bavette par le fait qu’elle fasse écran à l’eau lors du déplacement, va imprimer au leurre un mouvement similaire à un battement de corps qui oscille selon l’axe matérialisé par le centre de gravité.
Vous pourrez noter que plus la bavette est large et plus le mouvement sera ample.

4ème Principe : La position du centre de gravité

Sur ce schéma, remarquez la position du centre de gravité : plus il est proche de la bavette et plus c’est la queue qui a un mouvement ample et plus il s’éloigne et plus cette fois ce sera la partie avant qui godillera.

En 1A : Le leurre en position de repos est en position horizontale et son godillage est relativement serré.
En 1B : Le leurre en position de repos est légèrement penché vers l’avant et le godillage de la queue est assez important.
En 1C : Le leurre au repos penche vers l’arrière, le godillage existe mais plutôt vers l’avant et la nage est assez imprévisible … 

La Fabrication des bavettes

Pour réaliser les bavettes, plusieurs matériaux sont possibles : récupérations de boîtiers plastiques de CD ou cassettes cependant l’utilisation de plexiglas de 2 à 3mm d’épaisseur en magasin de bricolage rayon « Coupes des bois et verres » vous assurera une solidité importante, le plexiglas ayant une certaine faculté à amortir les chocs… Tracer la forme au marqueur pointe fine et couper à la pince adaptée ou au moyen d’une lame chauffée. La symétrie de la bavette devra être parfaite sous peine de donner au leurre une nage non conventionnelle : un bon moyen est de tracer un trait vertical et un trait horizontal sur celle-ci afin de mieux visualiser à l’œil cette symétrie.
 
Pour la fixation : réaliser une encoche à la scie à métaux en étant le plus précis possible sur le leurre refermé mais non peint.Glisser et coller à la colle cyanoacrylate liquide.

Après ce sont des essais sur plan d’eau qui permettront de réaliser les derniers réglages, corriger la bavette avec râpe acier et éventuellement briquet pour amollir la bavette.

Le réglage de la bavette est important et sa position dans l’axe du corps est primordiale, la symétrie par rapport à l’axe est à soigner à moins que vous ne souhaitiez une nage plutôt chaotique pour votre leurre (cas du Hammer tuning où l’on modifie l’anneau de pointe de façon à fausser volontairement la nage du leurre): à vous de juger…

Certains leurres ont une bavette intégrée, dans ce cas il faut prévoir cela dans la conception du corps.

Les yeux

Ils peuvent s’acheter tout fait chez « Ardent pêche » ou bien dans les magasins d’arts déco à des prix intéressants. Cependant vous pourrez imaginer différentes méthodes pour les fabriquer. Sinon allez voir sur ce lien :
Lien :
http://www.chez.com/pechebricolage/Images/yeux/yeux.htm

 

 

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Rédacteur principal : Yann. Complément : Oléron, René, Sone, Vic.
Photos : Yann, Vic, René.
Mise en page web : Guillaume FOURRIER.

 
 
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